Identification de l'ego

Comment est né l'ego ?

Et si je vous racontais une histoire ?

Avant le Commencement, avant la Nuit des temps, nous étions tous Un, le Christ en Dieu, dans le Grand océan d’amour. Puis, à un moment donné, lors d’une infime seconde, l’Enfant que nous sommes tous ensemble a voulu expérimenter et quitter légèrement la Source absolue de tout ce qui Est, pour goûter autre chose (comme s’il pouvait y avoir autre chose que le Tout).

L’Enfant s’est senti tellement coupable d’avoir quitté la Maison qu’il a créé un échappatoire, un lieu où se cacher de la Conscience Absolue, de son Parent, de son Créateur, « lieu » que l’on peut appeler Matrice ou Univers. Certains l’appellent l’enfer.

L’Enfant s’est ensuite perdu, l’Enfant a semblé faire des erreurs et de mauvais choix, et donc sa culpabilité s’est accrue, de manière inconsciente principalement. Il a dissimulé cette culpabilité en lui afin de ne pas l’affronter, mais celle-ci se projetait dans la forme, dans le Monde qu’il semblait vivre, dans le Monde qui se créait par ses pensées, elles-mêmes fondées sur des perceptions erronées. Ainsi, le Rêve continuait à se tisser et à être nourri inlassablement.

La conséquence est que l’Enfant avait oublié. Il avait oublié d’où il venait et qui il était. Il s’était perdu dans le jeu de l’incarnation, il s’était identifié au jeu, au JE, et avait dissimulé toujours plus profondément sa culpabilité inconsciente. Sa culpabilité était toujours projetée à l’extérieur, sur l’Autre, celui qui semblait être son ennemi ou son adversaire, oubliant que l’Autre était également Lui.

Puis un jour, un appel intérieur se fit entendre, un appel de la Maison, un appel qui se faisait toujours plus fort au fil des incarnations, car il voulait sortir de la souffrance dans laquelle il s’était enlisée, parce que la fuite l’avait éreinté et qu’il voulait se rappeler. Il commençait à se rendre compte que la vie qu’il avait créée n’était pas la réalité. Il emprunta alors le chemin pour rentrer chez lui.

Man stands triumphant on a mountain in sunset.
woman sitting on bench over viewing mountain

Lorsqu’il arriva à Destination, Son Parent, le Grand Bien-Aimé l’accueillit d’une douce et paisible étreinte, il n’était ni puni ni réprimandé, il était simplement aimé comme s’il n’avait jamais quitté la Maison.

En réalité, il n’était jamais parti, tout cela ne s’était jamais passé. Tout cela n’était qu’un rêve, une brève illusion.

Pour le Parent lui-même, nous n’étions jamais partis, nous dormions paisiblement, puis nous fîmes un cauchemar, puis nous nous réveillâmes, et nous rîmes, encore et encore, soulagés, car ce n’était qu’un rêve.

Et donc l’ego aussi n’était qu’une illusion. Il n’existait que dans le rêve. Voilà ma version du Retour du fils prodigue et de mon expérience de la sortie de l’Illusion de toutes mes vies.

Concrètement, comment se manifeste l’ego dans l’incarnation ?

L’ego est une loi de l’incarnation, donc arrêtons de culpabiliser d’avoir un ego, jusqu’à ce qu’il soit dissout. Les jeunes enfants et les sages qui ont atteint la Réalisation du Soi (Yeshua, Buddha, Ramana Maharshi, Mâ Ananda Moyî et bien évidemment des êtres totalement inconnus, il y a bien plus d’êtres réalisés qu’on peut l’imaginer).

L’ego est celui qui s’exprime par le sentiment de séparation, de l’Autre, de la Conscience absolue, du Tout. Il est celui qui se croit séparé, limité et différent. Il est celui qui juge et qui catalogue, qui pose une étiquette. Il est celui qui définit et qui détermine. Il condamne et idolâtre, il s’identifie au corps et à la forme.  Il se dévoile par la personnalité, les rôles et les identifications, les histoires, les échecs et les réussites. Il exprime sa faiblesse par la force et la violence. Il croit en la souffrance, en la perte, en la fin, en la mort. Il est celui qui répète le passé, qui nourrit la rancœur et qui craint et anticipe l’avenir. Il est l’expression de la peur et de la blessure. Il se traduit par des croyances et des schémas de pensées insanes et erronés. Il édicte ses lois et érige son propre Monde. Il est le prix à payer pour la culpabilité dissimulée. Il est celui qui accuse l’Autre, sur lequel il projette ses culpabilités inconscientes.

woman in white tank top holding yellow maple leaf
woman doing yoga meditation on brown parquet flooring

Imaginons alors l’esprit comme un iceberg tel que proposé par Carl Gustav Jung. La partie immergée, la plus importante usuellement, est la partie inconsciente, contenant des substances egotiques, parfois qui n’ont pas encore été activées, c’est-à-dire révélées dans le Monde de la forme. Ce sont alors les situations de la vie et les conflits qui permettent d’activer et d’identifier une substance egotique, par le fait qu’elle est l’expression du non-Amour.

Dès lors que nous avons oublié qui nous sommes et que des millions d’années semblent s’être écoulées, nous nous sommes identifiés à l’ego. Nous avons cru que nous étions cela, nous avions cru que nous étions séparés, limités et differents. Nous avons commencé à croire à nos histoires et à nos drames personnels et individuels, car l’ego tisse des histoires afin que nous restions engouffrés, comme à l’affût du prochain épisode, car la série semble sans fin.

Dans le contexte du développement personnel et de la spiritualité, l’ego a adopté de nouveaux costumes, remarquant notre intérêt pour nous sortir de la souffrance. L’ego a élaboré des stratagèmes complexes et compliqués pour nous faire croire que nous avions des blessures à guérir, des mémoires à pacifier, des héritages à transmuter… Ainsi, inlassablement, l’ego crée de nouvelles mémoires à dissoudre.

Il importe alors simplement de mettre de la lumière sur l’ego, c’est-à-dire de le voir, le révéler comme étant ego, et donc comme non-Amour. Identifier l’ego revient alors à s’en désidentifier.

Sun setting behind mountains, creating a beautiful glow.

Sortir de l'Illusion

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